La Résistance en Lot-et-Garonne

- 1942 : la Résistance « en mouvements »

Les mouvements (Combat, Libération, Front national) se structurent et étendent leur action (manifestation, tracts). Des réseaux clandestins de renseignements apparaissent (Brutus, Hilaire-Buckmaster).

La CGT clandestine et le parti communiste reconstitué sont à nouveau actifs. Distribués clandestinement, tracts et journaux dénoncent la politique de collaboration de Vichy.

Le 14 juillet 1942 se déroule à Agen la première manifestation publique organisée par la Résistance lot-et-garonnaise.

Les Juifs lot-et-garonnais sont victimes de la rafle du 26 août 1942.

L’entrée le 11 novembre 1942 des Allemands en zone Sud provoque un net changement d'attitude de la population hostile à l'occupant.

 

- 1943 - mai 1944 : intensification de la Résistance

Les mouvements de Résistance poursuivent leur organisation : formation des MUR (Mouvements unis de la Résistance) puis du CDL qui conduit à une coordination de l'ensemble des forces de la Résistance.

Les premiers maquis, formés surtout de réfractaires au STO, se forment au début de l’été 1943 (maquis de la Torgue ou de l’AS) dans la partie lot-et-garonnaise des Landes et dans le nord-est du département (région de Villeréal et Monflanquin).

Les parachutages d'armes, grâce notamment à l’action du SOE britannique très actif dans le département, permettent la constitution et l'armement des premières unités combattantes (Bataillon de marche néracais. Bataillon Arthur, groupes vény) qui passeront à l'action après le débarquement allié du 6 juin 1944.

Les conditions de vie se font de plus en plus difficiles (réquisitions, rationnement alimentaire).

Aux attentats et coups de main de la Résistance, l'occupant aidé par la Milice répond par la terreur (Lacapelle-Biron). Les principaux responsables de la Résistance (Gérard Duvergé, Albert Cambon) sont victimes de cette répression.

Les prisonniers d'Eysses qui ont tenté un soulèvement en février sont déportés fin mai 1944.

 

- Été 1944 : la libération du département

Après le débarquement allié du 6 juin 1944, les formations combattantes de la Résistance se mettent en action et étendent la guérilla.

Leurs actions sont nombreuses : sabotages des voies de communication, des lignes de transmissions, coups de mains, combats, etc…

En butte à un harcèlement continu, les troupes d'occupation intensifient leur répression (exécutions de Laparade, pendaisons de Sos), mais finissent par quitter le département fin août (libération d'Agen, Tonneins et Marmande).

Fin août 1944, près de 11 000 hommes étaient homologués dans les diverses unités de la Résistance du département. Un certain nombre d’entre eux continueront la lutte au sein de l’Armée française (fronts de l’Atlantique ou de l’Est de la France).

Au cours de ces années de lutte, l'ennemi fusilla 250 résistants et déporta 643 patriotes, dont près de la moitié décéda dans les camps de concentration.

Ces événements sont aujourd’hui rappelés par des monuments, des stèles ou des noms de rues qui témoignent de la volonté de ne pas laisser tomber dans l’oubli des faits qui appartiennent à l’Histoire.

La mémoire de cette période est également entretenue par des associations d’anciens résistants qui participent aux cérémonies rappelant les grands événements de cette période.

François Frimaudeau